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Dimanche de Pâques, le 1er avril 1956

Mimi : Mon Bien-Aimé m’a comblée de ses grâces, de ses faveurs car il a placé sur ma tête la couronne d’épines.

– Mimi : « Merci mon Bien-Aimé, je ne puis écrire, je souffre trop. »

Mon Bien-Aimé se cache mais je sais bien où le trouver. Comme cela doit être beau au ciel aujourd’hui. La douce rencontre de mon Bien-Aimé avec son Père parmi tous ses saints. Quand viendra mon tour?

– Jésus : Ma Bien-Aimée, un jour tu connaîtras les joies célestes où je viendrai te chercher pour t’offrir à mon Père. Je veux tout, je prendrai tout et ça sera tout. Comprends-tu l’importance du mot tout? Par un privilège spécial ton corps ne connaîtra pas la corruption car chaque partie de ton être aura été purifiée par une grâce spéciale réservée aux âmes privilégiées. Tout ce que tu souffres en ce moment n’est rien qu’une préparation de ce que mon Père attend de toi. C’est pourquoi je veux plus, pour te donner plus et nos deux plus mis ensemble feront une unité agréable à mon Père. »

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Lundi, le 2 Avril 1956

– Mimi : « Mon Bien-Aimé tu sais comme je déteste ces tentations, j’ai toujours peur de t’offenser et je tremble quand je sens la présence de mon ennemi. »

– Jésus : Mais non ma chère petite, si tu trembles c’est parce que tu n’as pas confiance en moi. »

– Mimi : « Mon Bien-Aimé j’ai confiance en toi. Il me semble que cela est bien naturel chez une enfant d’avoir peur, de ressentir de la crainte devant le danger! »

– Jésus : Tu as raison, l’enfant a peur en face du danger mais cette enfant est une petite fille que je tiens d’une manière spéciale dans mes bras et que je garde près de mon Divin Cœur comme un tout petit bébé. A-t-elle raison d’avoir peur dans les bras de son Dieu? Est-ce que tu la connais cette petite fille qui manque parfois de confiance? Même entre mes bras?

Ne pleure pas ma pauvre petite Pierrette ou G……….  Viens plus près de moi, je t’aime bien tu sais. Écoute-moi bien : Je permets ces tentations parce qu’il le faut pour te purifier, pour expier, pour mériter, pour sauver des âmes. Si tu comprenais l’importance de ces grandes tentations. Je suis plus près de toi en ce temps-là et pendant ce temps tu mérites. Tu vas voir un jour le nombre d’âmes que tu auras sauvées en peu de temps durant ces tentations. Il faut que tu acceptes tout d’avance que tu m’offres tout. 

Puis au début récite l’acte d’humilité et la si belle prière Anima Christi et dans le moment pénible de tes souffrances mets ta petite main tremblante sur ton petit cœur où je suis, près de ton petit testament. 

Je comprendrai tout. Les tentations et les petites crises morales que tu as ne sont rien à comparer à celles que tu devras subir dans quelque temps. Ma Bien-Aimée il faut que je te prépare, ne crains pas, fais-moi confiance, fais confiance à ton directeur. As-tu remarqué que tu n’es jamais seule pour passer ces épreuves?

C’est par un effet de ma bonté que je permets que ton directeur soit témoin pour t’aider. Tu sais ce que tu ferais si tu étais complètement seule? Il me remplace. »

– Mimi : « Mon Bien-Aimé je ne puis comprendre ces tentations qui sont si dangereuses pour mon âme. Je ne puis comprendre que tu sois plus près de moi dans ces moments-là où mon ennemi est en moi, où mon esprit est rempli de blasphèmes, de révoltes, de mépris pour toi et ton représentant. Tu le sais dans ce moment-là comme je fais, je déteste, je lance des insultes, des injures, je repousse les bénédictions, les prières, j’ai horreur de l’eau bénite, je souffre davantage lorsque j’entends mon directeur prier et invoquer les Saints Noms de Jésus, Marie, Joseph. À certains moments je ne puis même pas endurer l’eau bénite et une force invisible me pousse à regretter de m’être donnée tout à toi, il me semble que j’agis comme une damnée.

Mon Bien-Aimé, moi qui t’aime tant, pourquoi faut-il que je sois si méchante, si injuste envers toi la Bonté Infinie, mon Dieu? Pourquoi faut-il que je cause des ennuis, que je fasse souffrir mon directeur qui fait tant pour mon âme? »

– Jésus : Ma Bien-Aimée encore des « pourquoi ». Crois-tu que je ne sais pas ce qui se passe en toi? Crois-tu que je ne connais pas l’état de ton âme dans ces moments-là? C’est presque un martyre, une agonie morale que tu endures? Je permets que tout en toi soit atteint, physique et moral. Je sais bien ce que tu souffres. Je te regarde lutter, je souffre avec toi et à certains moments je pleure avec toi. Ton directeur ressent les mêmes effets que toi; seulement ce n’est pas lui qui doit subir ces épreuves, ces tentations, il n’est là que pour t’aider. Il est un peu plus fort que toi par son sacerdoce. C’est pour cela que je désire qu’il porte l’étole durant tes grandes tentations car elle a une puissance extraordinaire sur le démon. C’est par un privilège que je l’ai placé pour t’aider, cependant sa tâche est difficile car le démon le déteste. »

– Satan : « Ma chère petite fille, ma Bien-Aimée n’écoute pas cette voix, c’est celle de ton ennemi qui cherche à te faire croire que les grandes tentations viennent de Dieu. Si cela était, est-ce que tu agirais de la sorte en le blasphémant? Donc il y a en toi une autre force invisible qui vient de moi. Un jour ton directeur va voir comme je le déteste parce qu’il m’a arraché ton âme. Il veut ton salut, il veut sauver ton âme mais c’est toi qui vas le perdre, je t’ai placée pour jouer ton rôle, tu parais si sincère avec tes larmes, surtout dans les grandes supposées tentations. Je suis content de toi, je savais que tu es capable de tout, je suis certain de toi. Je suis sûr de toi pour lui dire ma haine, mon mépris, tu vois bien que je suis le plus fort.

Que fait ton Dieu dans ces moments-là? Il dit qu’il se cache, parce qu’il a peur. Il dit qu’il permet cela, il ne peut pas faire autrement. C’est pour cela que tu es toute seule avec moi. 

Même ton directeur a peur, il trouve cela ennuyeux parce qu’il n’est pas certain de lui. Il parle fort mais il tremble intérieurement, s’il pouvait fuir il le ferait. 

Si ces tentations dont il est témoin venaient de Dieu, il serait heureux d’accepter la Sainte Volonté de Dieu, mais c’est le contraire qu’il fait, il trouve le temps long, il a peur d’avoir à lutter avec moi en toi. Je n’ai pas peur de lui, tu sais comme je me moque de ses bénédictions, de ses prières, je le hais de tout mon cœur.

Pauvre petite cela me fait rire quand ton Dieu te demande d’accepter ces tentations, cette épreuve comme si cela venait de lui, comme si tu étais une sainte. Il ne veut pas que tu aies de l’orgueil et il te donne les moyens d’en avoir par ces tentations qu’il croit venir de lui.

Il fait bien de te demander d’accepter, comme cela il admet que j’ai raison, que je suis le plus fort puisqu’il ne peut éviter ni empêcher ces tentations. Où est sa puissance? Donc accepte pour lui faire plaisir et pour m’obéir car c’est moi qui te commande dans ce temps-là. Tu es tout à moi, je te fais dire ce que je veux et te fais faire ce que je te commande.

N’est-ce pas que tu es tout engourdie, tu n’es même pas capable de faire le signe de la croix, parfois je retiens ta main par ma force. C’est à peine si tu es capable de répéter les invocations que ton directeur voudrait te faire dire. Crois-tu que si tout cela venait de ton Dieu, il permettrait de se faire insulter par une petite fille comme toi? 

C’est toi qui provoques ces tentations et c’est moi qui t’inspire, j’en suis heureux. Je n’ai pas besoin de me cacher pour agir dans une âme qui est tout à moi. »

– Mimi : « Va-t’en menteur. Mon Dieu ayez pitié de moi. Maman, Maman, viens à mon secours, viens au secours de ta petite fille qui lutte.

 Mon Bien-Aimé où es-tu? J’ai besoin de toi.

Après un certain temps.

– Jésus : Ne pleure pas ma Bien-Aimée, si tu savais comme je souffre en toi. Cela me peine de te faire souffrir mais que veux-tu, il faut pour aller vers mon Père que tu prennes le même chemin que moi. Je t’en supplie, ne te laisse pas abattre par les mensonges de ton ennemi. Crois en moi, en ma parole qui est la vérité même. Mets ta confiance en moi. Tu auras encore bien d’autres tentations, plus pénibles et plus violentes. Ne crains pas je serai toujours en toi avec toi, quoique ton ennemi te dise. Qu’il te fasse faire et dire ce qu’il voudra, je m’en moque, je le méprise. Écoute-moi bien, avec toute sa puissance qu’il croit avoir sur moi et sur toi. Il ne peut pas me déloger de ma petite demeure qui est ta petite âme. Je suis chez moi en toi et j’y resterai toujours parce que je t’ai choisie pour devenir ma petite épouse. Comme une bête féroce il est jaloux, il cherche par tous les moyens à pénétrer dans notre petite demeure pour te dévorer mais, ne crains pas je suis là en dedans avec toi, et au dehors notre demeure est bien gardée par un gardien fidèle en la personne de ton directeur. Par son sacerdoce il est fort, il est puissant sur ton ennemi, tu en sais quelque chose. Il a un moyen de te protéger par les sacrements. 

Dans tes crises morales, qui emporte la victoire, ton ennemi ou ton directeur? Sois courageuse, lutte avec moi et par amour pour moi et les âmes un jour tu comprendras l’importance des grandes tentations. »

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Mardi, le 3 avril 1956

– Satan : « Ma chère petite épouse Bien-Aimée, il faut que tu arrives à comprendre parfaitement que c’est moi qui permets ces tentations. C’est bien simple à comprendre ma chère petite fille, ne te confesse plus, comme cela tu seras tranquille, ton directeur sera heureux car lui aussi n’aime pas ces tentations et ton Dieu ne sera pas inquiet à ton sujet. Tu ne l’offenseras plus en accumulant tes sacrilèges. Remarque que je ne me plains pas c’est pour toi que je te donne ce conseil, je trouve que tu fais pitié. En agissant de la sorte ta santé reviendra car les crises morales, les grandes tentations ne sont pas faites pour toi, tu es trop faible, cela t’épuise et aggrave ton mal. Tu sais comme tu souffres physiquement pendant ces tentations. Donc plus de confessions et tu auras la paix. »

– Jésus : Ma Bien-Aimée n’écoute pas cette voix maudite. Aie confiance en moi. Je permets ces tentations. »

– Mimi : « Mon Bien-Aimé, j’accepte bien tout, mais c’est toujours au moment de la confession devant mon directeur que viennent les grandes tentations. »

– Jésus : Je le sais bien ma chère petite, aimerais-tu mieux que tes parents, les gens, tes amis soient tous témoins de tes crises morales? Quand pour t’éprouver, pour te faire expier et te faire mériter, pour sauver des âmes, si je te laisse seule je t’assure que tu n’as pas l’air fin. Ton directeur en sait quelque chose! Je permets cela pour te tenir dans l’humilité même dans la tentation. Je te veux si petite… cependant avec ma grâce, maîtrise les tentations et méprise ton ennemi. »

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 Mercredi, le 4 avril 1956

– Mimi : « Encore une journée pour toi mon Bien-Aimé, je souffre beaucoup de grandes tentations. Mon Bien-Aimé je ne veux pas t’offenser, aide-moi s’il vous plaît je ne suis capable de rien, je n’en peux plus, j’ai les nerfs en boule. »

– Jésus : Je le sais ma Bien-Aimée mais ce n’est pas une raison pour perdre la boule! »

– Mimi : « Est-ce bien toi mon Bien-Aimé qui me parle comme cela? »

– Jésus : Mais oui ma petite fille, qui es-tu pour que je te parle autrement? Je te réponds sur le même ton que tu me parles. C’est cela l’entente, il ne faut pas toujours prendre de grands détours pour se comprendre, pour se parler. Que fait l’enfant quand il parle ou demande quelque chose? Dans sa simplicité il va droit au but, c’est pourquoi j’aime les enfants, comprends-tu? Qu’est-ce que tu es aujourd’hui, une grande et presque vieille demoiselle ou un tout petit enfant, comme un bébé? »

– Mimi : « Mon Bien-Aimé je te demande pardon. Je le constate de plus en plus comme je suis faible. Avec ta grâce je veux rester bien petite. Mon Bien-Aimé garde-moi dans tes bras comme un tout petit bébé. J’ai besoin d’affection, berce-moi, dis-moi encore que tu m’aimes. J’ai confiance en toi et je t’aime, je m’ennuie de toi, comme je trouve le temps long. Que j’ai hâte de te recevoir vendredi, je compte les jours. Je sais le grand bonheur que tu as de venir dans les âmes, de te donner à tous par amour. Viens ô mon Amour, viens dans ma pauvre petite âme qui soupire après toi, mon Dieu, mon Tout. »

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Jeudi, le 5 avril 1956

Mimi : Au moment de la confession mon ennemi redouble de rage, je ne sais ce qui se passe en moi, il me semble que je suis magnétisée, mes membres sont engourdis, ma volonté refuse de blasphémer et ma bouche répète des blasphèmes et les injures à mon directeur. Je repousse toutes les bénédictions, cela me fait souffrir davantage.

– Mimi : « Je souffre mon Dieu, ayez pitié de moi. »

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Vendredi, le 6 avril 1956

Mimi : Avec la grâce de Dieu et l’aide de mon Bien-Aimé, je veux agir dans les grandes tentations, comme si j’étais sur l’eau, dans un petit bateau qui serait mon corps et comme pilote mon âme consacrée. Je m’imagine avoir un long voyage à entreprendre vers une terre inconnue qui est le Ciel. Avant d’atteindre mon idéal, je dois traverser cette mer, je dois lutter contre les vagues violentes des tentations, je dois faire face aux intempéries qui sont le manque de confiance, le découragement, la persévérance dans toutes les difficultés. D’autres jours quand la mer sera calme, je me laisserai bercer doucement par les vagues de l’Amour Divin. Et si le danger me menace, je m’accrocherai à mon chapelet comme à une ceinture de sauvetage.

– Mimi : « Mon Bien-Aimé je te laisse libre de conduire mon petit bateau. Je mets toute ma confiance en toi, avec toi je veux demeurer dans l’océan infini de ta miséricorde. »

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Mardi, le 10 avril 1956

Mimi : J’ai rêvé que j’étais pendue. Dans mon rêve j’étais heureuse et je disais aux gens :

– Mimi : « Le Bon Dieu m’aime tellement qu’il me prend par le cou. Il me donne une preuve sensible de son Amour. »

Drôle de coïncidence, je reviens de l’hôpital avec un collier feutré que je dois porter nuit et jour.

– Mimi : « Merci mon Bien-Aimé, cela me donne l’occasion d’expier mes vanités. Combien de fois j’ai été fière de moi, de ce pauvre corps qui tombe en ruine. Mon Dieu, purifie-moi, je me donne à toi sans réserve. Je te donne tout, mon petit tout, prends tout. »

À l’hôpital je regardais toutes ces figures souffrantes, tous ces yeux préoccupés par l’inquiétude, par la crainte, par la souffrance morale et physique. Je priais pour eux.

– Mimi : « Mon Bien-Aimé, tu connais mon grand désir de sauver des âmes avec toi. Je t’en supplie au nom de notre amour, de notre union dans l’amour et la souffrance, regarde tes enfants qui sont aussi les miens, regarde comme ils souffrent tous. Comme je voudrais les aider davantage. Tu sais mon Bien-Aimé je me sens parfois comme une maman poule qui voudrait garder bien au chaud sous ses ailes ses petits poussins, avec ta grâce je veux les garder dans mon cœur. 

Je voudrais les aimer davantage ces âmes, je voudrais les mettre à l’abri de la misère, leur donner le goût du bien, le goût de ne vivre que pour toi. Je voudrais voir dans leurs yeux un seul rayon d’espoir, un peu de bonheur sur leurs figures, un sourire sur leurs lèvres et beaucoup de paix dans leurs âmes, cette paix que l’on ne trouve qu’en toi. Comme je voudrais te faire rayonner dans chacune de ces âmes. Je voudrais tant leur parler de toi, de ton amour. Je voudrais leur faire comprendre ta miséricorde infinie pour eux. Ils ne seraient pas si malheureux s’ils étaient tous avec toi. Avec ton aide, tout ce que je puis faire pour eux, c’est de prier, de souffrir, je les aime comme s’ils étaient mes propres enfants. »

– Jésus : Ma chère petite fille, l’image de la petite poule te va bien. En effet ma chère petite il y a des jours où tu ressembles à une petite poulette. Lorsque j’arrive avec les grandes tentations tu trembles comme une poule mouillée. Dans la mortification de ton corps tu as la chair de poule avant même d’avoir commencé. Pendant combien de temps as-tu couvé tes péchés, tes défauts, tes imperfections? Combien de fois aussi as-tu caché sous tes ailes et gardé secret pour ton directeur les consolations, les grâces que par pure bonté je te donnais pour t’aider? Cependant garde tes ailes de poule pour voler vers moi. Maintenant que tu admets que tu ne peux rien sans moi. Avec le feu de mon amour, je vais faire éclore tes petits œufs (les âmes) que tu auras couvés, par ma grâce, par ton amour ardent pour les âmes, par tes petits sacrifices. 

Ton directeur prendra soin de recueillir les œufs et de bien nettoyer ton petit poulailler. Tu n’es pas encore une poule de catégorie « A » sur toute la ligne. Il y a encore bien du travail à faire n’est-ce pas ma petite poulette? »

– Mimi : « Mon Bien-Aimé aujourd’hui tu me compares à une petite poule. Tu sais pour qu’une poule soit délicieuse et très tendre il faut qu’elle soit cuite lentement. Je compte sur ton amour ardent pour me faire cuire, pour que je sois tendre, purifie-moi du feu, de la charité, purifie mon corps qu’il soit consumé par ton amour et que chaque jour je me détache de tout et que je ne sois pas comme dans la chanson « Une Poulette Noire » mais une poulette blanche, agréable à manger. Tant que tu ne seras pas rassasié, prends et coupe tous les morceaux que tu voudras. Je suis entre tes mains comme une petite poulette. Entre nous, mon Bien-Aimé, je n’aime pas cela lorsque, dans notre intimité, tu me compares à des animaux sans raison comme par exemple à un âne, maintenant à une poule, après tout mon Bien-Aimé j’ai une âme. » 

– Jésus : Ma Bien-Aimée, tu me fais rire, tu mériterais que je t’appelle petit coq et parfois que je te compare à une pouliche car à certains moments tu es……………… je n’ose pas le dire.

Ma chère petite, je le sais bien que tu as une âme, c’est moi qui te l’ai donnée. Mais toi ma chère petite, depuis combien de temps y penses-tu que tu as une âme à sauver? Lorsque je te compare à quelque chose ce n’est pas à ton âme que je m’adresse directement mais à ton pauvre corps. Je ne dis pas que tu es ceci ou cela, je dis que tu me fais penser ou que tu ressembles à ceci ou cela. 

Je te ferai remarquer qu’au début de notre entretien c’est toi qui te comparais à une petite poule. J’ai simplement continué sur le même sujet. Après tout ma chère petite fille c’est gentil une toute petite poule blanche entre mes mains. Ce matin tu avais vraiment un petit cœur de poule car tu n’as pas fait beaucoup pour tes petits. »

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Samedi, le 14 avril 1956

Mimi : Je porte le collier feutré, dans mon petit orgueil cela me gênait de sortir.

– Jésus : Ma Bien-Aimée encore de l’orgueil! Je te demande simplement de faire une heure Sainte. Je ne te demande pas de faire le tour de l’église, de faire la collecte à chaque banc! Et pourtant c’est bien cela que je devrais te demander de faire pour expier et te corriger. Sur ce point je compte et laisse libre ton directeur d’agir comme il voudra pour te tenir dans l’humilité et pour t’aider à te corriger. Qu’il prenne tous les moyens possibles. Il me remplace, sois-lui soumise et obéissante, c’est pour le bien de ton âme. Accepte tout avec humilité, avec amour en expiation de tes péchés et ceux de tes enfants. »

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Dimanche, le 15 avril 1956

– Satan : « Je me demande quand ton directeur va comprendre ton état d’âme? Chaque fois que tu t’approcheras des sacrements tu auras toujours de grandes tentations que je déteste. Ma chère petite je t’envoie cela pour expier tes désobéissances car je te défends depuis longtemps de t’approcher des sacrements, de te confesser. En agissant de la sorte tu me fais souffrir davantage, moi ton Dieu. Qu’est-ce que j’ai pu faire pour toi depuis tant d’années? Malgré tout j’ai pitié de toi et par pure bonté, au moment de la confession je donne un signe sensible à ton directeur, il ne comprend pas. Tu deviens l’image de ce que tu es en réalité. Ton directeur ne veut pas croire à cela et pourtant il le sait bien ce que je veux dire! Tu lui disais hier que tu ne voulais plus de moi dans ta vie, toi tu comprends que ma miséricorde a des bornes. Mais ton directeur ne veut rien entendre, il persiste dans son erreur, parce qu’il a une autre raison. Dans son orgueil de prêtre, il croit que sous sa direction, tu pourrais devenir une petite sainte. Sais-tu ce qu’il fait de toi depuis six ans? Il travaille pour faire de toi une sainte, une sainte nitouche, rien de plus. En te gardant dans cet état, ton directeur met obstacle à la grâce et au travail de l’Esprit Saint. Le sang d’un Dieu est trop précieux pour le verser inutilement sur une âme damnée.

Tu crois que je t’aime, enlève-toi cela de la tête. Je suis patient, j’attends et j’ai hâte de faire éclater ma justice le jour où tu vas paraître devant moi, ce jour approche de plus en plus. La sentence pour ton directeur sera plus lourde car il fait la sourde oreille à ce que je lui demande. Je lui ordonne de t’exorciser. Quand va-t-il le faire? Je lui permets de soumettre ton cas à un confrère, car il a douté de lui-même, il a une décision à prendre, il tremble. Si tu n’étais pas une âme perdue, crois-tu que je ferais cela? C’est ta dernière chance. »

– Mimi : « Va-t’en menteur, je ne te crois pas, tu es jaloux, tu veux me troubler. Je crois que mon Bien-Aimé est là présent en moi et c’est tout. »

– Satan : « Ma chère petite fille, je t’en supplie, tais-toi car en me disant de m’en aller tu blasphèmes car tu me rejettes, moi ton Dieu. Je suis la vérité même, je veux t’éclairer une dernière fois et tu crois que je veux te troubler. Je ne peux pas être présent dans une âme damnée, dans une âme où le démon règne en roi et maître. »

– Mimi : « Maman, ma douce Maman du ciel, viens à mon secours. »

Je pleurais.

– Satan : « Ma chère petite, sois obéissante à mon Fils qui est la vérité même, donc plus de confession ni de communion sacrilège et tu auras la paix. »

Mimi : Je prie Dieu de purifier toutes les pensées qui me hantent depuis ce matin.

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Lundi, le 16 avril 1956

Mimi :  Je méditais sur le Bon Pasteur.

– Mimi : « Mon Dieu, mon Bien-Aimé, comme un Bon Pasteur regarde-moi, comme ta petite brebis la plus misérable, regarde ma toison est souillée par le péché. Je suis blessée, infirme par mes fautes, mes faiblesses, mes manquements de chaque jour. Je suis si faible, je ne puis marcher sans guide, sans soutien dans le chemin de la vertu. Mon petit cœur souffre de t’avoir offensé, je voudrais t’aimer encore plus. Écoute mes plaintes, écoute ma voix, viens me chercher pour me mettre sous ta protection. Garde-moi s’il vous plaît près de ton cœur, de ton Sang Précieux. Lave et purifie-moi de toute souillure et par ton amour soigne mes plaies. Protège-moi de mon ennemi qui me blesse. Quelle douce parole de consolation de t’entendre dire que tu connais tes brebis. Quand je pense et considère tout ce que tu as fait pour venir chercher ta petite brebis perdue. Mon directeur a travaillé fort pour me tenir dans le pâturage. Merci mon Bien-Aimé de ta miséricorde infinie. »

– Jésus : Ma Bien-Aimée, je voulais tout, je prends tout. Je prendrai tout. Ma petite brebis blessée plus que les autres, c’est pour cela que je t’aime tant. »

– Mimi : « Mon Bien-Aimé, avec le collier feutré je n’ai pas l’air d’une brebis. Je ressemble beaucoup plus à un toutou. Puisque tu veux tout, tout, garde bien le toutou que je suis. »

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Mercredi, le 18 avril 1956

Mimi : Une personne disait à mes trois amies :

« Comme elle est malchanceuse, elle a toujours quelque chose. »

− Mimi : Je la regarde en riant lui disant :

– Mimi : « Vous ne direz pas cela après ma mort, vous direz comme elle est chanceuse, elle a quelque chose pour toujours. Le Bon Dieu me prend par le cou c’est tout.

Entre nous, mon Bien-Aimé, c’est très normal entre époux… Je suis si heureuse, d’être avec toi. »

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Jeudi, le 19 avril 1956

– Mimi : « Cela me fait rire mon Bien-Aimé de voir un pauvre médecin chercher encore la maladie que j’ai et les remèdes qu’il faudrait. Tu avais bien raison de dire que cette souffrance vient directement de toi. Par amour pour toi et les âmes et en esprit d’expiation, je me soumets encore à des examens qui me font souffrir. »

Radiographie de la colonne cervicale. Il n’y a pas à dire, ces pauvres médecins prennent tous les moyens pour chercher la cause du mal. Au point de vue humain cela ne sert à rien. Je fus éveillée durant la nuit, j’étais heureuse car cela me donnait l’occasion de dire à mon Bien-Aimé que je l’aime et en même temps que je pouvais offrir plus pour les âmes.

Mon Bien-Aimé m’aime tellement qu’il ne peut pas me voir dormir trop longtemps. Il sait comme je suis heureuse d’être éveillée par lui. Mon réveil est si doux entre ses bras.

– Mimi : « Ma douce Maman du ciel n’oublie pas de souhaiter bonne fête à mon cher papa qui est près de toi. J’espère qu’il est au ciel. »

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Vendredi, le 20 avril 1956

– Mimi : « Mon Bien-Aimé, je veux bien marcher sur tes traces. Je veux bien te suivre, mais tu fais des grands pas, si je veux essayer de faire un pas de plus je tombe, je te suis de loin. »

– Jésus : Ma chère petite fille, je ne demande pas toujours de faire des grands pas, tu ne serais pas capable car tu es plus souvent par terre que debout, tu es encore si petite. Tout ce que je te demande c’est de prendre le même chemin que moi. Il n’y a qu’un seul chemin qui conduit à mon Père, oui le chemin de la croix, chemin étroit pour les petits, les humbles, pas pour les âmes gonflées d’orgueil, elles ne pourraient pas, il n’y aurait pas de place. Chemin douloureux pour les âmes vraiment généreuses au service de Dieu et du prochain. Ce chemin n’est pas fait pour les âmes généreuses qu’en paroles, qu’en actes récités et non pratiqués. Chemin de croix accompli chaque jour, à chaque instant par amour, par bonheur. Chemin de croix fait par devoir d’état, rempli chaque jour avec amour et pleine conformité à la Sainte Volonté de Dieu, en union à mon chemin de la Croix pour sauver des âmes vivantes.

Que dire du chemin de la croix parcouru en quelques minutes en faisant le tour de l’église, l’esprit préoccupé à gagner des indulgences, l’esprit rempli de distractions et l’on offre cela pour les pauvres âmes du purgatoire. Que sert à l’âme de vouloir faire le chemin de la croix et de ne me suivre que des yeux? N’est-ce pas ma Bien-Aimée que la Rédemption aurait été faite bien vite? Je n’aurais eu qu’à jeter les yeux sur la Passion, sur le monde. Non, mon Père voulait plus! J’ai une confidence à te faire, ma Bien-Aimée. 

Le plus méritoire, le plus beau chemin de la croix que l’on puisse offrir à mon Père c’est le chemin de croix fait avec moi chaque jour, à chaque heure, à chaque instant en union à ma Passion.

Ma chère petite épouse Bien-Aimée, en acceptant les petites croix de chaque jour, avec amour, avec conformité à la Sainte Volonté de mon Père, de cette manière le chemin de la croix a plus de valeur et il est plus méritoire pour délivrer les âmes du purgatoire et plus efficace pour sauver les âmes des vivants. On a une fausse idée du chemin de la croix. L’on croit qu’il n’est utile qu’aux âmes du purgatoire. Dans ce cas j’aurais pu attendre la fin du monde pour accomplir la Rédemption.

Combien d’âmes seraient sauvées si les gens faisaient souvent le chemin de la croix avec moi en union à ma Passion, pour sauver des âmes, des pauvres pécheurs? Les mérites, les souffrances de ma Passion n’ont pas été appliqués qu’aux âmes du purgatoire. Je me suis donné à tous sans exception mais je suis venu surtout pour les pécheurs. Quant aux âmes du purgatoire, elles sont plus en sécurité que les âmes des pécheurs parce qu’elles sont dans un lieu où je les purifie. Remarque bien que je ne condamne pas la pratique du chemin de la croix à l’église car il y a beaucoup d’indulgences à gagner, cela aide aussi les âmes qui ne comprennent pas encore le don Royal de la croix. Tu sais ce que c’est de faire le chemin de la croix chaque jour avec moi. »

– Mimi : « Mon Bien-Aimé apprends-moi s’il vous plaît à aimer, à porter ma croix chaque jour avec toi afin qu’à tes côtés je puisse marcher sur le chemin royal de la croix avec tous mes enfants. » 

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Samedi, le 21 avril 1956

− Mimi : « Mon…………. me demande de prier pour sa conversion. Que dois-je faire mon Bien-Aimé? »

– Jésus : Ma chère petite épouse Bien-Aimée, prie pour sa sanctification car une âme consacrée, une âme en état de grâce est le temple de l’Esprit Saint. C’est presque une insulte à nous faire que de demander de prier pour obtenir la conversion. La conversion consiste de l’état de péché à l’état de grâce. Nous ne faisons pas notre demeure dans une âme en état de péché, ni dans une âme endurcie dans le mal. Nous faisons notre demeure dans l’âme en état de grâce, dans l’âme consacrée, mais qui est faible, qui est humble, qui reconnaît son néant. Cette âme a bien plus besoin de sanctification que de conversion. Cela ne veut pas dire que les âmes consacrées, les âmes en état de grâce n’ont pas besoin de prières! Au contraire elles ont beaucoup plus besoin de prières pour les tenir dans l’humilité, dans la persévérance, dans le bien, afin d’atteindre un jour le niveau de mon amour. Cela demande beaucoup d’abnégation, d’esprit de foi, de luttes, d’amour, d’humilité, de persévérance, de charité, de confiance pour atteindre cet idéal. Les âmes humbles, confiantes, aimantes comprennent cela parce qu’elles ont tout donné. En retour je leur donne plus. Je me donne aux âmes. »

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Vendredi, le 27 avril 1956

– Mimi : « Comme je suis faible dans les grandes tentations. J’oublie vite ce que tu as fait pour moi. Je t’en demande pardon. »

– Jésus : Ma Bien-Aimée tu n’es pas la seule à souffrir de ce mal. Ce qui me peine le plus c’est que ce malaise, cet état se trouve surtout chez les consacrées, quelquefois chez les âmes privilégiées. Prie pour les âmes qui souffrent d’anémie spirituelle. Elles sont faibles dans les tentations, elles n’ont pas de force pour combattre, c’est à peine si elles ont le courage d’accomplir leur devoir d’état avec amour, avec confiance. Ces âmes consacrées sont parfois dans un état bien lamentable. Parfois tu es du nombre. C’est une plaie pour la hiérarchie de l’Église. Si toutes ces âmes pouvaient comprendre un peu mon amour et avoir un peu plus d’amour pour moi, elles trouveraient vite le remède pour leur anémie spirituelle. Mon amour est si puissant, si fort. N’est-ce pas que tu en sais quelque chose? Te souviens-tu de tous tes Vendredis Saints. »

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Lundi, le 30 avril 1956

– Mimi : « Mon Bien-Aimé, encore une journée avec toi et mes enfants. »

Je suis à l’hôpital avant de subir une radiographie de la colonne vertébrale.

– Mimi : « Mon Bien-Aimé je me jette entre tes bras puissants et j’accepte avec résignation ta Sainte Volonté. Merci de cette nouvelle preuve d’amour. »

Le médecin m’ordonne de porter encore le collier feutré jusqu’au 15 juin. Je commence à être habituée depuis le mois d’avril que je le porte. Pauvre nature et dire que depuis ce temps mon petit orgueil, ma vanité prennent parfois encore le dessus. Le médecin me demande de coucher encore sur une planche.

– Mimi : « Je suis heureuse de te ressembler un peu mon Bien-Aimé, quand je pense à toutes tes souffrances endurées par amour pour moi. En retour je ne puis que vouloir t’aimer encore plus et vouloir partager tes souffrances pour te consoler. Quand je serai sur ma planche je penserai à toi sur la croix. Heureusement que le médecin ne m’a pas demandé de coucher sur une planche à repasser. Quelqu’un disait : « Pauvre petite fille, quand je pense qu’elle couche encore sur une planche. » Pourquoi me plaindre, je suis mieux d’être couchée sur une planche que d’être couchée entre quatre planches ou bien d’être couchée sur un bois d’allumettes! Je suis bien plus à mon aise sur la planche. »


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