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Mardi, 1er juin 1954

– Mimi : « Mon Dieu, je vous offre mon cœur, je vous offre aussi toutes mes douleurs, mes peines. Aujourd’hui il me faut beaucoup de patience. Mon Bien-Aimé, je m’offre à toi sans réserve. Je souffre toujours du cœur depuis dimanche alors que ton étreinte se faisait si forte. Tu connais le pacte que nous avons fait ensemble. Je suis si heureuse d’être ton épouse, de travailler avec toi pour les âmes.»

J’étais à préparer le repas, tout à coup il m’appelle en me disant ceci :

– Jésus : « Viens baiser mes pieds, dis-moi que tu m’aimes. »

C’est alors que je me mets à genoux, je baise la statue du Sacré Cœur en lui disant :

– Mimi : « Mon Bien-Aimé c’est avec amour que je baise tes pieds divins qui ont tant fait de pas pour me chercher dans le mauvais chemin que j’avais pris. Mon Bien-Aimé, je te demande sincèrement pardon pour les péchés de toute ma vie. Comme je veux réparer, te faire oublier ma conduite si ingrate, si méprisable. Mon Bien-Aimé apprends-moi à t’aimer. Accorde-moi le don de l’amour divin. Augmente en moi l’amour des âmes. »

Une visite à mon directeur est toujours pour moi un réconfort. Cependant il existe une certaine gêne, j’en souffre beaucoup.

– Mimi : « Mon Bien-Aimé, aide-moi à me confier davantage à mon directeur, à lui ouvrir toute grande la porte secrète de mon âme.

Ma douce Maman du ciel, apprends-moi à rester bien petite, bien humble. Aide-moi à redire mon fiat chaque jour et donne-moi la force de supporter en silence et résignation l’épreuve qui accable ma famille depuis quatre mois, à la suite du décès de ma chère petite sœur et de sa petite fille.

Depuis ce temps, que de larmes, que de peines et d’ennuis de toutes sortes! Viens à notre secours. J’ai confiance en ton cœur de mère. Toi la consolatrice des affligés, refuge des pécheurs, c’est à toi que je viens confier mes misères. Car personne ne peut comprendre ce que je souffre en ce moment. Mon directeur semble deviner un peu, mais je ne peux tout lui dire, il est trop sensible.

Mon Bien-Aimé, oui, j’accepte de souffrir davantage pour sauver l’âme de… que tu m’as confiée dimanche. Cependant j’insiste et te demande ton aide, car seule je ne puis rien. Avec toi je puis tout. Tu es toute ma force, mon soutien, mon amour, mon Dieu, mon tout. Donne-moi la patience et la persévérance pour faire mon travail d’équipe. Il me faut des âmes pour toi. »

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Mardi, le 8 juin 1954

– Mimi : Déjà 5 mois la mort de Fernande et de Diane.

Départ des 3 chers petits pour le couvent de charité. Quelle peine!

– Mimi : « Mon Bien-Aimé Jésus, je les place tous les trois dans ton divin Cœur. Je ne crains plus pour eux. J’ai confiance parce que tu as dit : « Laissez venir à moi les petits enfants. »

Je te les confie, ma douce Maman du ciel, car ils ne connaîtront jamais le bonheur d’avoir une mère. Remplace le vide dans leur vie d’orphelins. »

Je me sentais triste à la pensée que je ne les reverrais plus, ils seront si loin. J’en fais le sacrifice.

– Mimi : « Merci mon Dieu, le petit rayon de soleil arrive juste au bon moment. Visite de mon directeur. Je lui ai parlé de mes misères. Je lui redisais comme j’avais été ingrate envers toi. Après m’avoir tout donné, je te remerciais par des ingratitudes des profanations et par du mépris. Pauvre Jésus de mon cœur, comme tu as souffert à cause de moi.

Mon Bien-Aimé, je te confie l’âme de Cylien. Demain il devra subir son procès pour les accusations de meurtres de ma chère petite sœur et de sa petite fille Diane. Fais-lui miséricorde s.v.p. Tu as bien pardonné au bon larron. J’ai confiance en ta miséricorde infinie, n’est-elle pas aussi grande! 

Vous m’avez pardonné, mes crimes étaient aussi grands, car je n’ai pas tué d’êtres humains, mais combien d’âmes j’ai tuées. Comme j’étais méchante et coupable. Ô bonté infinie, après tant d’outrages tu aurais pu me châtier, me rejeter loin de toi pour l’éternité. Comment pourrais-je oublier ta patience.

Dans ta grande bonté, tu as permis que je rencontre ce prêtre, le P. Gamache. Tu lui as confié mon âme. Il a rempli son devoir avec de la difficulté dès le début, car, le démon me tenait si bien, À ton exemple, il a été patient. Il a tellement prié et a dit bien des messes, sans oublier les sacrifices et mortifications de toutes sortes… Comme mon âme lui a coûté cher.

Ô mon Bien-Aimé maintenant que je suis devenue ta pauvre petite brebis blessée, ne me quitte pas, car, je pourrais faire un faux pas si je suis seule; je suis si fragile. Après tant d’infirmités, je me demande comment ai-je pu vivre dans tout ce désordre. Comment ai-je pu respirer dans cette prison de mon âme. Mon corps étant devenu une fournaise où le feu des passions me dévorait et me consommait petit à petit.

Ô merci, mon époux Bien-Aimé de ton amour pour moi, de ta grande miséricorde. Merci du Sang Précieux versé sur mon âme afin de la ranimer. Merci du Sang Précieux versé sur mon corps afin d’éteindre la flamme de mes passions.

Mon Bien-Aimé, il me reste tant de souillures. Je t’en prie, lave-moi de nouveau dans mon âme. Je désire tellement me purifier. C’est avec confiance et amour que je me jette tout entière, dans le calice avec ton sang divin, par les mains du prêtre. Je dois tellement me purifier, afin de te rendre agréable mon âme, qui est devenue ta demeure permanente. Maintenant que mon directeur est avec moi, ensemble nous travaillerons ferme à la rendre agréable à Dieu. »

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Jeudi, le 24 juin 1954

– Mimi : « J’ai beaucoup de peine, je me suis réveillée trop tard pour aller assister à la messe et pour te recevoir. Je t’offre beaucoup cependant, je suis heureuse de travailler avec toi pour les âmes. Il y en a tellement qui se réfugie dans le péché. Je te remercie de me donner l’avantage de réparer, d’expier, de mériter. »

Mimi : Repassage pendant deux heures. Il fait chaud.

– Jésus : « Ma petite pense aux âmes qui souffrent dans le feu du purgatoire, offre. Ma petite, sacrifie cet après-midi. Ne va pas voir passer la parade de la St-Jean. Viens me visiter, ensemble nous regarderons la parade de toutes mes bontés. Nous regarderons toutes les grâces de choix dont je te comble surtout depuis quatre ans. Viens ma chère petite je me sens si seul aujourd’hui. »

– Mimi : « Tu le sais bien que je t’aime mon Bien-Aimé. Oui je vais vers toi. Je sacrifie tout pour te plaire et te prouver mon amour.»

Bon voilà mon ennemi qui recommence l’attaque. La tentation devient plus forte.

– Mimi : « Mon Bien-Aimé viens vite à mon secours. Tu sais que je ne veux pas te perdre. Je crois en toi, je t’adore et je t’aime. »

Visite à l’église.   

– Mimi : « Me voici mon époux Bien-Aimé. »

– Jésus : « Ma chère petite approche. Fais-moi plaisir et console-moi. Mets ton cœur dans le mien et dis-moi que tu m’aimes. Parle-moi d’amour, cela me console pour l’indifférence de certaines âmes. Rappelle-toi, tu as été du nombre, mais, par tes élans d’amour venant de ton petit cœur, j’oublie tout. Dis-le-moi souvent, très souvent que je suis tout à toi. Notre union est avant tout l’amour dans la souffrance pour plaire à Dieu. »

– Mimi : « Mon Bien-Aimé, tu m’invites à m’approcher plus près de ton divin cœur, mais comment faire pour pénétrer complètement dans ce cœur adorable. Mon pauvre cœur est si petit, si imparfait pour prendre contact, pour prendre possession de tout ton divin cœur. »

– Jésus : « Ma pauvre petite tu constates que ton cœur est petit, je désire quand même cette union où nos deux cœurs battront à l’unisson. Ma petite, je te donne un moyen pour pénétrer plus facilement dans mon divin cœur. Passe par la plaie de mon côté et par le sang qui coule; lave, purifie ton petit cœur avant d’entrer. Ton cœur étant pur, nous demeurerons ensemble dans mon divin cœur. Nous serons plus qu’un. »

– Mimi : « Ma douce Maman du ciel qu’est-ce que je ferai de plus pour plaire à mon Dieu? »

– Marie : « Aujourd’hui ma chère petite, dis-lui simplement que tu l’aimes et accepte sa Volonté en ton devenir. Demeure fidèle comme une épouse. Ne cherche pas à tout comprendre. Fais-nous confiance. »

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Vendredi,  … juin 1954.

– Mimi :   Je souffrais beaucoup.

– Jésus : « Ma pauvre petite, ne te plains pas, je te place simplement sur la croix pour quelques temps. J’ai besoin de tes souffrances. Ma petite épouse bien-aimée, prépare-toi à la mort. Demande à ton directeur qu’il te compose une prière que tu réciteras tous les jours afin de mieux te préparer à ce grand départ. Qu’il t’aide à te détacher de tout et de tous. »

– Mimi : « Mon Bien-Aimé apprends-moi à vivre afin de bien mourir. Mon Bien-Aimé, il me semble que si tu venais tout de suite me chercher, je n’aurais pas peur, car, j’ai confiance en ta miséricorde. Je crois en ton amour pour moi. J’ai la certitude que tu m’accepteras comme ton épouse fidèle. Il est vrai que mes mains sont vides, mais regarde cette petite croix que je porte sur mon épaule et que tu as toi-même placée.

Depuis que je l’ai possédée, je l’ai toujours gardée, même dans les moments de faiblesse, depuis les plus sombres moments de découragement. Il est vrai que parfois je la traîne, mais, je ne veux la quitter tant que je vivrai, et dans le ciel où tu m’attends, si tu le veux, je la garderai, car, elle sera ta gloire. C’est par la croix que tu m’as rachetée, c’est par la croix que je vivrai et mourrai unie à toi par amour.

Ma Douce Maman du ciel, si tu savais comme je t’aime. Oui, je t’aime parce que tu as consenti à devenir ma Mère. Je sais que par toi j’irai à Dieu. Je crois en ta toute puissance sur son divin cœur. 

Je sais que tu veilles sur moi parce que tu protèges ma pureté, que tu m’aides à dire mon fiat chaque jour avec amour, tu me soutiens dans toutes mes épreuves, dans mes tentations.

Ô ma douce Maman du ciel, merci de ton assistance. Je ne crains pas pour l’avenir, car tu es le refuge du pécheur c’est pourquoi je me jette entre tes bras divins; je serai en sécurité. Et, à l’heure de ma mort, ô ma douce Maman du ciel, reçois l’âme de ta petite fille. Offre-moi avec ton doux Jésus à Dieu puisque Jésus et moi ne sommes plus qu’un, maintenant que je suis devenue sa petite épouse. »

J’ai fait de la gourmandise en prenant du dessert trois fois.

– Jésus : « Ma pauvre petite pense à mon jeûne de quarante jours pour toi. Alors répare tout de suite. »

– Mimi : « Sans toi, je ne puis rien. »