Lundi, 1er mars 1954
– Mimi : « Mon Bien-Aimé, j’aurais aimé te recevoir ce matin, mais j’étais trop malade, je souffre. Que ta Sainte Volonté soit faite en tout et toujours. Mon Bien-Aimé, donne-moi la force pour bien accomplir mon travail.
Je viens vers toi mon amour pour y chercher refuge. J’aurais aimé me coucher un peu pour refaire mes forces, cela est impossible, car j’inquiéterais ma pauvre maman. Alors c’est près de toi que je viens me reposer un peu. Le démon me poursuit sans cesse. Mon Bien-Aimé, augmente ma foi, ma confiance en ton amour pour moi. J’ai rencontré sur mon chemin des petites croix faites de paille ou encore de branches de sapin. »
– Jésus : « Ma petite, ne te préoccupe pas, le chemin qui conduit au ciel est rempli de ces petites croix. Je t’en supplie ne t’arrête pas. Ce qui t’impressionne, c’est de voir la croix devant toi à tout hasard. Mais si tu étais si impressionnée devant ma croix, tu ne m’offenserais pas. Vois comme tu es faible, pauvre petite. Si je ne te tenais pas, tu tomberais facilement. »
– Mimi : « Merci mon Bien-Aimé, je reconnais ta bonté, ta grande miséricorde infinie. Toi qui sais tout, regarde le fond de mon âme. Malgré mes faiblesses, je t’aime, j’ai confiance en toi, j’attends tout de toi. Je mets en toi tout mon espoir, toi le Maître du ciel et de la terre.
Ma Douce Maman du ciel, je viens d’apprendre que mon petit P. est en danger de mort. Je te le confie, c’est à ton cœur de mère que je m’adresse; pitié pour la chère maman. Cependant que ta Sainte Volonté soit faite.
Je te demande, s’il vous plaît, pour les parents, la confiance, la force, le courage, la résignation d’accepter cette épreuve en bons chrétiens. »
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Mardi, 2 mars 1954
– Mimi : « Bonjour mon Bien-Aimé, je t’offre toute ma journée, j’accepte avec amour tout ce que tu me demanderas. Augmente ma patience, toujours la même épreuve qui dure depuis 8 jours. »
Je me préparais à écrire, mais j’ai dû garder les quatre petits. J’accepte avec plaisir, car je voulais offrir l’occasion à la petite maman d’aller voir son cher petit en danger de mort à l’hôpital. Visite à l’église avec les petits. Comme leur confiance est grande. Le petit de 3 ou 4 ans me dit : « P. va guérir parce que j’ai prié beaucoup et je l’ai demandé à la Sainte Vierge. »
Je me disais il a raison ce cher petit, il faut aller à Jésus par sa mère. J’ai confiance que la prière du petit, qui est si pur, sera exaucée. Cependant que ta Sainte Volonté soit faite.
Après le départ des chers petits.
– Mimi : « Ma douce Maman du ciel donne-moi la force et le courage pour résister à cette tentation, le démon veut gagner, tout va si mal.
Mon Bien-Aimé, j’ai confiance en toi, je te confie tous mes problèmes, je souffre, mais je t’aime. Pendant la récitation de mon rosaire, j’ai bien souffert, mais peu importe, cette souffrance elle est à toi maintenant, puisque tu m’as demandé d’offrir. Oui je t’offre tout en expiation de mes péchés, des péchés de toute sorte qui se commettent en ce temps de carnaval. Mon Bien-Aimé je me demande ce que je pourrais t’offrir de plus? Je te remercie, tu as su choisir pour moi, j’accepte avec amour. »
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Mercredi, 3 mars 1954
– Mimi : « Je ne veux pas te perdre, je suis faible. Par ta présence en moi, augmente ma confiance, donne-moi le courage qu’il me faut pour combattre mon ennemi. Sans toi je ne puis rien.
Ma douce Maman du ciel, refuge des pécheurs, garde-moi près de ton cœur de mère, protège ton enfant qui lutte et pleure en ce moment. Ma croix est si lourde à porter, aide-moi, j’irai chercher la force près de mon Bien-Aimé dans son sacrement d’amour. »
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Jeudi, 4 mars 1954
– Mimi : Grande tentation contre la foi.
– Mimi : « Mon Bien-Aimé je viens chercher un peu de repos près de toi. Le démon est encore près de moi, la tentation devient de plus en plus forte. Que faire, aller me confier à mon directeur? Mais non me dit mon ennemi. »
– Satan : « Ne va pas le décourager pour si peu. D’abord il te le dit lui-même qu’il n’y a pas de faute dans cette tentation. Tu vois que j’ai raison. Quand tu seras jugée, il te tiendra responsable du temps que tu auras fait perdre à ton directeur par toutes tes sottises. »
– Jésus : « Ma pauvre petite va avec confiance et humilité près de ton directeur, fais-lui part de tes tentations, dis-lui tout. Lui seul est juge. Comme il me représente, il accepte avec patience et indulgence toutes les âmes qui s’approchent de lui avec sincérité et confiance. Va ma petite, sois sans crainte. Je te donne la main, ma divine Mère t’accompagne. »
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Vendredi, 5 mars 1954
– Mimi : « Mon Bien-Aimé, que j’ai hâte de te recevoir.
Ma douce Maman du ciel prête-moi ton cœur pour bien recevoir mon Bien-Aimé. J’ai tellement besoin de toi en ce moment. Pourquoi mon ennemi est-il toujours près de moi? Il ne cesse de me suggérer toutes sortes de doutes contre la foi, contre la miséricorde infinie. Comme je souffre de cette situation.
Je ne cesse de répéter que je t’aime, que je crois, malgré l’état où je me trouve. »
Après ma communion je lui ai exposé ma grande faiblesse, mes craintes de le perdre par le péché.
– Mimi : « Toi tu le sais comme je veux t’aimer, te servir comme tu le mérites. Pourquoi mon cœur est-il si froid? Cependant mon Bien-Aimé, j’accepte ta Sainte Volonté et non la mienne, en tout et toujours. Si tu me désires dans la sécheresse spirituelle, j’accepte avec résignation, avec amour, seulement ne me laisse pas seule. »
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Samedi, le 6 mars 1954
– Mimi : « Bonjour mon Bien-Aimé, ma journée est toute à toi. Je souffre beaucoup, je peux à peine marcher, cependant j’ai fait mon travail comme à l’ordinaire, mais avec beaucoup de difficultés. Merci! Mon Bien-Aimé, maman ne semble pas s’apercevoir que je souffre.
Mon Bien-Aimé aide-moi s’il vous plaît, mon ennemi est encore près de moi, la lutte va encore commencer, aide-moi à vaincre cette tentation, et à rester pure. Je me méfie tellement de moi, je suis faible, tu le sais, je ne puis rien te cacher. Reconnaissant ma faiblesse, je ne puis rien sans toi, et j’attends tout de toi. Je ne te demande pas de m’enlever cette tentation, ni d’alléger ma croix. Je te demande simplement de m’aider à bien accepter ta Sainte Volonté en tout et toujours pour rendre grâce à Dieu. »
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Dimanche, le 7 mars 1954
– Mimi : « La tempête fait rage, mon Bien-Aimé, aide-moi à lutter, donne-moi la force nécessaire pour ne pas me laisser aller à cette tentation, j’ai confiance en toi. »
– Jésus : « Mais oui, ma pauvre petite, je suis en toi-même pendant cette tempête! Ma pauvre petite, tu me fais penser à Pierre dans la barque, durant la tempête. Pourquoi trembles-tu? Pourquoi te laisses-tu distraire par ton ennemi? Si je n’étais pas là que ferais-tu? Je ne puis t’enlever cette croix, car je t’aime. Je te veux toute à moi.
Tu auras encore une grande épreuve, mais sois courageuse et fidèle à mon service. Je veux purifier, laisse-moi travailler en ton âme. Laisse-moi libre de faire de toi ce que je désire, ce que je veux. Je commence aujourd’hui la toilette de ton âme, car je désire qu’elle ressente les effets de ma résurrection et de mon amour. Ensemble nous rendrons grâce à mon Père. »
– Mimi : « Ma douce Maman du ciel, donne-moi la force et le courage nécessaires pour suivre ton doux Jésus, comme tu l’as suivi dans le chemin du calvaire. Apprends-moi à dire mon fiat chaque jour. »
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Samedi, 20 mars 1954
– Mimi : « Mon Bien-Aimé donne-moi la force pour me lever et pour faire une bonne journée. Je souffre beaucoup, il ne faut pas que maman constate cette souffrance. Je peux à peine marcher, tellement la douleur est aiguë. À certains moments, la douleur devient si intense qu’elle me cloue sur place, et pour quelques instants je ne puis remuer. C’est alors que je pense à toi mon Bien-Aimé. Je te vois cloué à la croix pendant plusieurs heures, et tout endurer par amour pour moi. Comment ne pourrais-je pas accepter de te suivre, de porter ma croix en expiation de mes péchés? »
Le démon est encore à ma poursuite. Comme il voudrait que je me décourage. Il me suggère des tentations contre la foi, puis me dit :
– Satan : « Vois ce qu’il a fait de toi maintenant que tu lui as tout donné. Il te laisse seule, il t’abandonne, tu le constates toi-même. Ouvre les yeux, et regarde ce que tu es. Que reste-t-il de ton corps? Ton âme est déjà perdue par le péché! Que fait-il de ta liberté? Il te menace sans cesse, tu crois qu’il écoute ta prière, lorsque tu lui demandes pardon! Il n’a pas besoin de tes supplications. Il aime mieux se reposer dans son ciel et entendre chanter les anges que d’entendre tes plaintes, car il ne peut plus rien faire pour toi. Tes péchés sont trop nombreux, et tu es toute à moi, car j’ai possédé ton âme avant lui.
Il n’est pas si puissant que cela, il a beaucoup de difficultés à avoir une seule âme fidèle, et moi c’est si facile, car je donne tout. Je laisse la liberté, les âmes peuvent jouir, car elles ne vivent pas continuellement dans la crainte. »
– Mimi : Je ne voulais plus écrire, je souffre trop d’écrire ceci, par obéissance j’ai ouvert la porte de ma petite demeure intérieure :
– Mimi : « Mon Bien-Aimé regarde le désordre, aide-moi s’il vous plaît. Mon Dieu, je désire offrir plus pour mon directeur : R.P. Gamache. »
Pour me soumettre à la Sainte Volonté de Dieu, j’accepte avec amour et résignation l’état où je suis. Pour me donner du courage, car je souffrais trop et le démon me tourmentait sans cesse, je pris mon crucifix dans ma main et de l’autre, je tenais ma petite statue de la Vierge. Ayant les deux mains liées, par mes deux amours, je pouvais offrir plus à Dieu et mettre en fuite mon ennemi.
Comme je me sentais petite entre ses bras puissants. Je l’aime tellement et je voudrais l’aimer davantage. Je voudrais l’aimer pour le monde et j’aimerais que tout le monde l’aime, surtout les pauvres pécheurs.
Je sais par expérience ce que l’on perd en le perdant et ce que l’on gagne en se confiant aux soins de sa Maman infinie. Je m’abandonne à lui sans réserve, je me jette entre ses bras.
« Mon Dieu, venez à mon secours. Esprit-Saint éclairez-moi, fortifiez-moi. »
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Mercredi, le 24 mars 1954
– Mimi : Je regardais passer une parade, que c’est beau. Il y avait beaucoup de discipline.
– Jésus : « Ma petite, mon armée céleste se compose de troupes d’élus. J’en suis le général, et sur la terre c’est la même chose, ton directeur est commandant, toi tu représentes le simple soldat. Je forme les plans, j’indique le chemin à parcourir pour aller droit au but, et pour vaincre l’ennemi.
Ton directeur accepte mes plans qui sont ma Volonté; mes croix, il te les transmet. N’étant que simple soldat tu n’as qu’à obéir et suivre les ordres de tes supérieurs, afin de remporter la victoire, et pour te tenir prête à lutter de nouveau. Ma chère petite n’oublie pas que tu dois mourir victime de mon amour. »
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Jeudi, 25 marS 1954
– Mimi : Messe d’action de grâce. 4e anniversaire : Vœux de chasteté, d’obéissance.
– Mimi : « Merci pour tant de bonté, merci ma douce Maman du ciel d’avoir accepté de devenir ma mère. »
– Jésus : « N’oublie pas que nous formons un travail d’équipe, ton directeur, moi, et toi. Ma petite vous avez travaillé, offert et prié ensemble. Mais pour mieux vous purifier, et vous faire mériter, j’ai permis cette épreuve, afin que vous souffriez ensemble, l’un par l’autre, comme j’ai souffert, moi par vous. »
– Mimi : Il y avait un malentendu entre mon directeur et moi, et j’avais tort.
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Vendredi, 26 mars 1954
– Mimi : « Mon ennemi avait emprunté ta voix, j’étais si troublée. »
– Jésus : « Ma petite fille, si tu avais bien écouté, tu aurais vu la différence. Réfléchis bien, lorsque je m’adresse à toi n’ai-je pas l’habitude de t’appeler ma petite fille, ou bien ma pauvre petite? Mais jamais je ne dis écoute ton Dieu qui te parle. À l’avenir, sois prudente et plus attentive à ma voix. »
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Samedi, le 27 mars 1954
– Mimi : « Mon Bien-Aimé, comme j’aimerais avoir beaucoup d’instruction, comme j’aimerais posséder toutes les sciences pour mieux te parler, pour te rendre hommage, pour mieux te servir, pour écrire toutes tes bontés.
Mon Bien-Aimé, vois ma pauvreté, regarde mon ignorance, tout en moi n’est que misère. Cependant je te remercie du degré d’amour que tu me donnes, et avec ta grâce je veux le faire fructifier. »
– Jésus : « Ma chère petite crois-tu qu’il y a un langage spécial pour me parler d’amour et de confiance? Ne te gêne pas pour me parler, je comprends tout. Avec les savants, je rends grâce à mon Père. Avec les ignorants, je les inspire et les instruis. Avec les enfants, j’ai balbutié. Avec les tout-petits, les humbles j’accepte avec joie, et réconfort leur langage si simple, rempli d’amour pur. Je comprends l’état de ton âme et j’accepte tout. »