Dimanche, le 20 octobre 1957
− Mimi : Jour mémorable pour moi, je ne croyais pas tant souffrir de cette manière-là, mon cœur pouvait à peine battre sans me causer de vives douleurs, il me semblait que mon âme se déchirait, je ne regrette rien, j’ai tout offert.
– Jésus : « Et nous, ma Bien-Aimée, si tu avais vu notre peine et ton directeur souffrait le martyre en accomplissant son devoir d’état. Sa tâche est pénible et très délicate avec une âme comme la tienne, une âme que nous lui avons confiée, une âme qui, par un privilège spécial a une mission à remplir, un rôle à jouer dans l’extension de notre règne et dans l’Église. Ne l’oublie pas qu’il doit nous remettre bientôt ta petite âme, toute purifiée, toute blanche, aucune tache sur ta petite robe même pas l’ombre d’un faux pli. N’oublie pas ceci. Notre amour est plus grand, plus fort quand nous souffrons tous ensemble. Je sais ma Bien-Aimée que tu as beaucoup souffert mais il le fallait pour le plus grand bien de ta petite âme.
Ton directeur a percé, crevé l’abcès qui était logé dans ta petite âme, il y avait de l’infection qui commençait à menacer notre demeure. Oserais-tu faire pénétrer ton Époux, ton Bien-Aimé, ton Roi dans la petite demeure sans mettre de l’ordre? Est-ce qu’une petite fille malade, faible, invalide peut se soigner seule, une aveugle marcher seule? »
– Mimi : « Mon Bien-Aimé je t’assure que ce n’était pas drôle, je n’étais pas sous l’effet de l’anesthésie pour me faire crever l’abcès. (Je croyais en crever.) Mon Bien-Aimé j’aurais mieux aimé mourir que d’apprendre que je ne pouvais plus te recevoir.
Non, mon doux Jésus ce n’est pas possible que toi, mon Bien-Aimé, ne veuilles plus venir chez nous dans notre petit sanctuaire, dans notre demeure, je ne suis plus capable d’écrire, j’ai trop de peine, je souffre trop, c’est l’agonie de mon âme.
Ma douce Maman du ciel, je t’en supplie, laisse-moi pleurer sur ton cœur, toi qui connais tellement ton enfant, ton tout petit bébé. »
– Satan : « Pauvre petite pourquoi te mettre dans cet état après tout, tu ne perds pas grand-chose en ne communiant pas. Tu le constates maintenant, ton Dieu n’est jamais satisfait de toi depuis que tu le reçois. Ton directeur lui-même te le dit et Dieu vient de te le dire. Laisse ton directeur faire son devoir et comme représentant de Dieu, s’il juge nécessaire de te priver de la communion, n’insiste pas, laisse-le faire. Dieu qui est juste ne pourra pas vous blâmer parce que ton directeur fait son devoir et toi, tu obéis. Pour ma part, j’attends depuis longtemps ce moment où ton directeur t’abandonnerait pour toujours. Il n’ose pas te le dire, il y a longtemps qu’il ne veut plus te diriger, qu’il désire être libre, laisse-le partir sans rien dire. Et je bénirai le jour où il ne sera plus ton directeur.
Si tu savais comme je le déteste dans les grandes tentations, si ce n’était pas son pouvoir de prêtre je l’écraserais sous mes pieds pour te montrer ma puissance. Si tu voulais m’écouter une seule fois durant ces moments-là et m’appeler à ton aide, tu pourrais voir ce que je puis faire de lui malgré tout. Enlève-lui son sacerdoce, ses doigts consacrés, son étole, l’eau bénite, je suis plus fort que lui, il le sait bien. Pour gagner dans la lutte il ne cesse de demander de l’aide à sa Maman du ciel, Marie Immaculée, il agit comme un petit garçon qui a peur de tout. »
– Mimi : « Va-t’en menteur, je ne veux pas croire ce que tu désires me faire croire, je n’ai pas de temps à perdre à t’écouter et encore moins à écrire tous ces mensonges, toutes ces faussetés, toutes ces horreurs. Et si j’écris ce que tu me dis, c’est par obéissance et pour te faire connaître tel que tu es, menteur, maudit serpent, monstre va-t’en. Je connais ton jeu, tu voudrais mettre le trouble entre mon directeur et moi, tu es jaloux, peu importe, nous avons promis devant le petit crucifix, devant notre douce Maman du ciel que nous accepterons tout. »